LA CHIRURGIE ORALE

    La chirurgie orale

    La chirurgie orale est une spécialité odonto-médico-chirurgicale dont la formation via l’internat dure 10 années et qui regroupe les domaines d’interventions suivants :

     

    – Avulsions dentaires : des dents incluses, enclavées, ectopiques   (ex : canines incluses, dents surnuméraires)

    – Avulsion des dents de sagesses : prise en charge sous anesthésie locale (au fauteuil) ou anesthésie générale (hospitalisation ambulatoire) En savoir plus

    – Avulsion avec préservation osseuse avant pose d’implants dentaires

     

    LA CHIRURGIE ORALE

     

    Mais aussi :

     

    – Prise en charge des kystes et tumeurs bénignes des maxillaires

    – Pathologies de la muqueuse buccale et dermatologie orale

    – Chirurgie à visée orthodontique (dégagement, traction et mise en place de dents incluses)

    – Techniques d’orthodontie rapide : corticotomies, pose de mini-vis ou plaques d’ancrage pour faciliter et améliorer le déplacement des dents

     

    LA CHIRURGIE ORALE

     

    Corticotomies

    Les corticotomies ou piezocision sont un traitement chirurgical, effectué sous anesthésie locale ou générale, consistant à fragiliser l’os situé autour des dents afin de faciliter leur déplacement lors d’un traitement orthodontique.

    Il a pour but :

    • d’accélérer un traitement orthodontique chez l’adulte ;
    • de déplacer des dents ankylosées (dents dont la mobilité est fortement réduite du fait d’une disparition du ligament entourant la racine et donc difficiles à tracter par les appareillages conventionnels) ;
    • de déplacer des canines incluses chez l’adulte ;
    • de faciliter et permettre de l’orthodontie chez les patients présentant des altérations parodontales (perte de support osseux autour des dents).

    Les dents de sagesses

    L’avulsion des dents de sagesses est l’intervention la plus fréquente en chirurgie buccale.

     

    LA CHIRURGIE ORALE

     

    Pourquoi les enlever ?

    Les dents de sagesse ou troisièmes molaires du haut et/ou du bas sont extraites :

     

    – si elles sont en mauvaise position (incluses dans l’os ou enclavées).

    – si elles ont été ou seront à l’origine de douleurs, d’inflammations gingivales ou d’infections.

    – si elles risquent de perturber le bon alignement de vos dents par manque de place (indication orthodontique).

    – si elles sont cariées, elles ne pourront plus bénéficier de soins traditionnels dans de bonnes conditions (accès limité).

    Comment se déroule l’intervention ?

    Les extractions des quatre dents de sagesse de l’adolescent peuvent se dérouler :

     

    – soit sous anesthésie locale avec sédation afin de réduire le stress en une séance au bloc opératoire ;

    – soit sous anesthésie générale ambulatoire en une séance au bloc opératoire ;

    – soit sous anesthésie locale pure en deux séances.

     

    Lorsque les dents sont incluses, il est nécessaire de créer un accès et parfois de sectionner la dent avant de l’extraire.

    Les plaies sont suturées par des fils résorbables qui disparaîtront spontanément. Ils mettront entre 3 et 12 jours à se résorber.

    La durée de l’intervention est en moyenne de 30 à 45 minutes selon la difficulté.

    Les suites et les soins post opératoires :

     

    – le saignement :

     

    Il est fréquent et minime pendant quelques heures. Pour le limiter, nous appliquons une éponge hémostatique à base de collagène dans l’alvéole avant de suturer. Afin de ne pas évacuer le caillot sanguin qui s ‘est formé dans l’alvéole, les bains de bouche seront proscrits durant les deux premiers jours.

     

    – la douleur :

     

    Elle est plus fréquente en bas qu’en haut. Elle cède souvent avec les antalgiques prescrits et disparaît en quelques jours.

     

    – l’œdème (gonflement) des joues :

     

    Il est variable surtout chez l’adolescent. Des glaçons enrobés d’un linge ou une vessie de glace appliqués sur les joues (pas directement sur la peau) diminuent le gonflement et la douleur.

     

    – la limitation de l’ouverture buccale :

     

    Elle peut survenir pendant quelques jours.

    Enfin, une bonne hygiène buccale est indispensable dès le lendemain de l’intervention.

     

    Complications

    Tout acte médical, même bien conduit, peut entraîner des complications exceptionnelles qui seront expliquées lors de la consultation.

     

    Le matin de l’intervention

     

    – En cas d’anesthésie locale : n’oubliez pas de prendre votre traitement pré opératoire.

    – En cas d’anesthésie générale : reportez-vous aux directives du médecin anesthésiste que vous aurez obligatoirement vu en consultation au moins 5 jours avant votre intervention.

    – Préparez vos petites poches de glace pour les avoir à disposition dès votre retour à la maison.

     

    Conseils post-opératoires

    Vous venez de bénéficier d’une intervention chirurgicale de la bouche ou des maxillaires.

    • Suivez les prescriptions de l’ordonnance qui vous a été remise. Cependant, en cas d’éruption cutanée avec démangeaisons ou en cas d’apparition de brûlures d’estomac, mettez-vous en rapport avec nous afin de la modifier.

     

    • Les saignements : il est fréquent qu’un petit saignement persiste de quelques heures à une nuit après l’intervention. Le traitement consiste à appliquer une compresse sur la zone de l’extraction et mordre sur celle-ci tant que le saignement ne s’est pas arrêté. Afin de ne pas évacuer le caillot sanguin qui s’est formé dans l’alvéole, les bains de bouche qui vous seront prescrits ne doivent pas être faits pendant les premières 48 heures suivant l’acte chirurgical.

     

    • La douleur au niveau des zones opérées est plus fréquente en bas qu’en haut. Elle cède souvent avec des antalgiques et disparaît en quelques jours. Un traitement adapté sera prescrit à votre sortie par votre chirurgien. Des glaçons enrobés dans un linge (pas directement sur la peau) diminuent le gonflement et la douleur.

     

    • Un œdème ou un hématome peuvent apparaître en regard de la zone opérée et augmenter durant les 72 premières heures. Ceci est normal ; ils peuvent prendre des proportions importantes selon les individus et le type d’opération. Le traitement et les vessies de glace permettront de réduire la douleur et l’importance de cette déformation.

     

    • Une limitation de votre ouverture buccale peut exister pendant plusieurs jours. Celle-ci est due à l’hématome qui provoque une contracture musculaire ; ne forcez pas, elle cédera petit à petit.

     

    • Des points de suture ont pu être posés au niveau de votre gencive. Ils se résorberont spontanément en 3 semaines – un mois, mais s’ils persistent ou s’ils vous gênent, il vous sera possible de les faire retirer après 15 jours.

     

    • Le brossage dentaire pourra être repris dès le lendemain de l’intervention, en évitant la zone opérée pendant 3 ou 4 jours. Après ce délai, vous pouvez nettoyer cette zone avec une brosse à dents souple, dite chirurgicale que vous trouverez en pharmacie.En résumé, vous devez respecter un certain nombre de précautions pendant 48 heures :

     

    1. Ne pas faire de bains de bouche et ne pas cracher car cela favorise le saignement
    2. Privilégier une alimentation mixée
    3. Ne rien boire ou manger de chaud
    4. Dormir la tête surélevée
    5. Placer une vessie de glace sur la peau au niveau des zones opérées.

     

    En cas de problème, vous pouvez contacter la clinique où vous avez été opéré ou le 15 dans les cas les plus graves.
     

    Les mini-vis

    Appelée « mini-vis », la dernière innovation orthodontique permet la réalisation de plans de traitement plus rapides et plus audacieux, impossibles à obtenir avec des ancrages dentaires de type conventionnel.

    Ces micro-vis (ou encore implants d’ancrage temporaire) peuvent être utilisées afin d’offrir aux patients de nouvelles alternatives de traitement et permettre des déplacements dentaires quand les approches conventionnelles ne le permettent pas.

     

    Leur utilisation peut aussi permettre de fermer les espaces où des dents sont manquantes ou ont été extraites, ce qui peut éviter au patient de faire remplacer des dents après l’orthodontie.

    Elles sont posées pendant le traitement par l’orthodontiste et sont enlevées lorsqu’elles ne sont plus nécessaires.

     

    Forme des mini-vis :

    Les mini-vis présentent trois parties dont le dessin varie selon le fabricant :

     

    – une partie intra-osseuse cylindro-conique filetée. Ce filetage peut être auto-forant ou auto-taraudant. Cependant, ce sont les mini-vis auto-forantes qui sont généralement préférées pour leur simplicité d’emploi et leur meilleure stabilité primaire.

    –  la tête de la mini-vis : simple, en forme de braquet, en forme de plot ou percée. Elle permet la connexion avec différents dispositifs orthodontiques (élastique, ligature, fil de section ronde ou rectangulaire) et la préhension par un tournevis plat, cruciforme ou à hexagone externe.

    –  le col transmuqueux : entre la tête et la partie filetée. Il permet  d’éviter une irritation de la muqueuse. Il existe en forme cylindrique lisse, conique inversé ou avec une collerette plaquant la gencive.

     

    Indication :

     

    – Ancrage dentaire traditionnel insuffisant, que ce soit à cause de l’importance des déplacements à réaliser, de la perte de supports dentaires (notamment postérieurs) ou encore de problèmes parodontaux.

    – Volonté de limiter l’étendue de l’appareillage pour des raisons esthétiques ou de confort.

    – Orthodontie pré-prothétique,  mouvements dentaires difficiles tels que les ingressions, les redressements d’axes molaires, les mouvements d’arcade asymétrique, etc.

     

    Procédure :

    Les mini-vis sont posées entre les racines des dents, avec un tournevis ou un contre angle implantologique. Les différentes localisations sont fonction de l’espace à disposition, de la typologie du patient et de la force à appliquer.

     

    Sous légère anesthésie locale, le geste est simple et rapide (quelques minutes). L’absence d’ostéo-intégration (intégration de la vis dans l’os) permet d’enlever ces vis sans anesthésie et sans douleur. Le taux de succès des ancrages par mini-vis est élevé (90%) et peut être optimisé par un choix de vis adapté au site d’implantation.

     

    Avantages :

    • Sans lambeau ni sutures, moins de risques anatomiques car les vis sont courtes et ne dépassent quasiment pas la corticale.
    • Leur position ne limite pas l’amplitude des mouvements dentaires.
    • Excellente fiabilité.

     

    Inconvénients :

    • Incision nécessaire à la pose et à la dépose.
    • Difficulté de changer de connectique en cours de traitement.

     

    Conclusion

    La dernière innovation orthodontique appelée « mini-vis » permet la réalisation de plans de traitement plus rapides et plus audacieux, impossibles à obtenir avec des ancrages « dentaires » de type conventionnel. Les mini-vis auto-forantes sont un pas supplémentaire dans la progression de l’orthodontie pour adulte.